Hors-scène

Présentation par l’éditeur

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Référence : Hors-scène : du handicap à l’aventure théâtrale, érès, coll. l’éducation spécialisée au quotidien, Toulouse, 2005.

(…) Depuis la corniche de l’art contemporain, il devenait plus facile de regarder derrière soi. C’est Valérie qui a amorcé la première descente. Comme souvent, d’ailleurs, les meilleures idées sont celles qui viennent des comédiens, sans que par ailleurs ceux-ci ne soient sollicités. Il suffit d’être là, certes au bon moment. Attendre, parfois longtemps, alors qu’assurément il ne se passe rien.

À vouloir travailler son histoire de la calligraphie – Valérie transmit ses connaissances de cet art du douzième siècle dans un groupe d’échange de savoir au cat et dans une maison de quartier –, elle donna le virus à tout le monde, y compris à l’équipe d’encadrement qui apprécia de regarder un peu dans le rétroviseur, afin de remettre les idées au clair, si du moins elles ne l’avaient pas déjà été. C’est encore une fois dans cette co-recherche que ce projet prit corps, puisque Bernard, un comédien, m’apprenait autant que je lui apprenais, prenant un plaisir fou à me coller si besoin est. De l’histoire de la calligraphie, nous sommes passés à l’histoire de l’art – théâtre, musique, cinéma, littérature, arts plastiques – avec comme injonction de Bernard, connaisseur de l’Histoire, surtout celle qui correspond à la sienne – on a les repères qu’on peut – de mettre en perspective l’histoire de l’art avec la politique et le “ social ”, comme il aime appeler les lieux qu’il égraine depuis ses neuf ans. “ Mais si, la guerre d’Algérie, c’était en 1958, juste avant l’antipsychiatrie, j’te dis ! Et Buren est arrivé après ! Je l’ai vu tout à l’heure sur Internet ! ” C’est ainsi qu’on s’est retrouvé avec une frise à construire jour après jour, en compagnie de Bernard qui nous rappelait les grands noms de l’antipsychiatrie – Cooper, Esterson, Laing, Guattari – tout en réalisant un sans-faute sur les grands moments politiques de la fin de siècle, Véronique qui voulait imposer son amour de Claude François dans l’histoire de la musique – “ Et pourquoi pas ? Il est partout, Claude ! ” – et Gaël qui cherchait où mettre son Garou et sa Céline Dion (…)