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[News] « Banquet républicain / Ecritures en Turbulences / Imagine ! » —

Après uturbu16ne année de jachère, je vous propose de retrouver cette « lettre d’info irrégulière ». La jachère ça a du bon, ça permet de rester en repos et ça redonne un peu de vitalité. Voici donc quelques actualités à se mettre sous la dent…
Au plaisir de se revoir à ces occasions.

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Que m’a-t-il pris d’écrire une lettre au Feu Deligny ???

            « (…) te dire que tes textes, qui datent parfois de 70 ans, restent toujours une belle expérience de lecture. Te dire que ta pensée est toujours soutenante quand jai besoin de bâtir des situations d’écriture, d’éducation, de formation – même si tu ne peux faire école, tu es là en renfort. Te dire que tu es devenu vintage, à tel point que t’écrivant, jemprunterais bien quelques-uns de tes mots – je dis bien quelques-uns. Ta pensée a pris une patine très heureuse avec le temps, pourquoi sen priver ? Mais je nenfilerais pas ton pull-over, jenfilerais juste quelques-unes de tes chaussettes, ça me suffira pour parler un peu de moi, de ma pensée, de ma fabrique, de la façon dont tu mas suivi partout () » [1]

Ni mouvement, ni méthode, ni système, ni pensée vulgarisable, Fernand Deligny est un roc. Ses mots, leur agencement, la structure même de ses phrases ne peuvent s’enseigner, se transmettre. Ce poète-étologue, comme aimait se qualifier cet éducateur, est une île, un château-fort, avec ses remparts imprenables.

Comprendre l’errance et la consistance de sa pensée, c’est d’abord écrire à ses côtés. Et, tant qu’à faire, s’adresser directement à lui. Lui dire en quoi je fais parti comme lui, comme « eux, là », des « humains d’espèce ». Lui dire pourquoi je crée, et pas toujours dans des lieux où ça va de soi. Lui dire que penser c’est se mouiller. Et tenir position. Garder le cap. Tirer un fil.

D’aucuns diront : s’adresser à un homme qui ne peut plus répondre, n’est-ce pas un peu facile ? Peut-être. Mais correspondre fut sa façon de vivre, à Deligny : des milliers de lettre envoyées à ses amis pédagogues, intellectuels, artistes. Des milliers de lettre reçues, aussi. Poursuivre ce mode d’écriture allait de soi. C’était, m’a-t-il semblé, une façon pertinente de faire vivre son œuvre.

Pour aider Deligny à rester vivant, je n’ai pas hésité, j’ai éprouvé l’expérience de sa langue, je l’ai samplé, j’ai réutilisé son travail à la lueur du mien – éduc’(acteur), (dé)formateur, écri(vain). Une façon de réinvestir des éléments d’une histoire de l’éducation spécialisée et de la pensée, une façon de rendre hommage à ses écrits, au risque que cette histoire, cette pensée, cet art de faire, disparaissent.

                                                                                    Saint-Nazaire / Février 2014

[1] Joël Kérouanton, Lettre à Fernand, texte écrit et lu à l’occasion des 30 ans du Collège international de philosophie, sous le titre : L’étai Deligny – une pensée de la fabrique (qui me suit partout), Palais de la Découverte, juin 2013.


© Photo

L’étai Deligny – une pensée de la fabrique (qui me suit partout)

Texte écrit et lu à l’occasion des 30 ans du Collège international de philosophie, Palais de la découverte, Paris, 7 Juin 2013 (en savoir plus)Thème de la journée : « Fernand Deligny : errance et consistance d’une pensée »

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Le 6 mai 2013,

Saint-Nazaire

Fernand,

Je le sais, tu n’aimes pas trop les célébrations. Si tu avais été vivant tu ne serais pas venu ici. Tu serais resté au côté de ceux qui sont en vacance de langage. Des retraités de naissance, comme tu disais, qui n’ont pas besoin de faire le moindre geste utile.

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Pour des bâtis de la subversion 

rubon250-33940TEXTE PUBLIÉ DANS L’OUVRAGE COLLECTIF ‘‘ 10 ANS D’ACTIONS ARTISTIQUES, AVEC LA REVUE CASSANDRE, UNE DECENNIE DE COMBAT CULTUREL EN PENSÉES ET EN ACTES. PRÉFACE DE ROBERT ABÉRICHED », PARIS, L’AMANDIER  / CASSANDRE-HORSCHAMP, 256 pp, FÉVRIER 2006, pp. 61.

La « collision » de l’art et du social provoque un bain de jouvence, vitale pour nombres d’artistes, vitale aussi pour les « sans »- parole, droit, liberté, éducation -, ceux qui tentent au jour le jour de résister contre un environnement mortifère. Pour prouver au monde que l’on peut être différent de ce qu’on paraît être. Pour s’inscrire dans des territoires imaginaires et développer un rapport créatif au réel. Des lieux existent, des équipes se battent, des artistes aiment s’y perdrent pour chercher de nouveaux codes.

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